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DISCOURS PRONONCÉS AU MONUMENT AUX MORTS
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1995 - Guy Filluzeau
1996 - Régis Bergeron
1997 - Jean Houdart
1998 - Paul Gaud
1999 - Xavier Arsène-Henry
2000 - André Pointeau
2001 - Claude Legendre
2002 - Bernard Lepoivre
2003 - Jacques Vernin
2004 - Alyette Muller-Laurent
2005 - Annie Anzieu
2006 - Jean Péraudeau
2007 - Guy Foiret
2008 - Karsten Eggers
2009 - Jean de Chalon
2010 - Jacques Vernin
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2012 - Eliane Mittelman-Lajournade
2013 - Louis Marciniak
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2017
2018
2019 - Jean-Louis Delbende

La Brie qui chante

15 novembre 2014 - Alyette Muller-Laurent

Discours pour le 150ème anniversaire
de l’Association Amicale des Anciens Elèves des Collège et Lycée Jacques Amyot de Melun

 

Notre Association vit le jour et fut consacrée le 13 août 1864. Il y a donc 150 ans. Pour cet anniversaire, je vais essayer de vous narrer l’historique de l’Association Amicale des Anciens Elèves des Collège et Lycée Jacques Amyot de Melun.

Deux anciens élèves, à l’égard desquels nous devons une grande reconnaissance, le premier, Amédée LANDORMY-TRUDELLE, qui portait si injustement la première partie de son nom, encore étudiant et de surcroît rédacteur à la Préfecture de la Seine ; le deuxième, Etienne BIEURY, se qualifiant modestement d’employé à la Compagnie des Chemins de Fer à Vapeur de Paris à Sceaux, (mais aller de Paris à Sceaux, même par ce nouveau mode de locomotion était encore à l’époque une entreprise) avaient décidé de réunir quelques camarades anciens élèves du Collège, qu’ils avaient quitté avec le grade de bachelier, à l’effet de jeter les bases d’une Association ayant pour objet, je cite,« d’entretenir entre tous ses futurs membres un centre de relations amicales et de former un « faisceau continu » dont tous puissent se connaître et s’apprécier, être utiles les uns aux  autres chacun selon sa position, ses aptitudes et ses relations » .

Vingt trois élèves avaient répondu à l’appel d’Amédée Landormy-Trudelle et Eugène Bieury et s’étaient réunis dans un restaurant du Palais-Royal à Paris, le restaurant Douix que fréquentaient selon une chronique de l’époque, d’importants messieurs « portant monocle et coiffés de tubes » et, parait-il, quelques dames du monde, dit « demi », sans que la présence de celles-ci expliqua et justifia nécessairement celle de ceux-là et vice versa.

Le projet de nos camarades fut accueilli avec enthousiasme, les statuts hâtivement et provisoirement rédigés (les statuts de nos sociétés ont au moins ceci de commun avec nos constitutions, qu’ils ne sont vraiment définitifs que dans le provisoire) et votés sur le champ. Et les 23 camarades, des pionniers en somme, invités à ouvrir leur porte-monnaie, versaient immédiatement le montant de la cotisation fixée à la somme de 1 franc et 50 centimes, somme qui, même exprimée en franc-or, doit, je pense laisser rêveur notre dévoué Trésorier.

Satisfaits d’une décision qui comblait leur vœu, ces mêmes 23 premiers adhérents se transportaient sans désemparer, dans un salon voisin, se mettaient à table et dégustaient un repas pantagruélique digne de l’époque. J’ajouterai, pour la « petite histoire » de l’Association, que 3 camarades particulièrement doués se levèrent et chantèrent certains refrains que l’absence de convives femmes, permettait.  (le collège, à l’époque, n’était pas mixte !!!)

Je trouve, quant à moi, que la naissance d’une association comme la notre, sous de tels auspices, et dans une telle atmosphère, est extrêmement sympathique.

A peine née, notre association affronte la guerre de 1870 et entrant dans un sommeil qui devait durer 15 ans, il ne fallut pas moins que les efforts conjugués des anciens, d’Etienne Bieury et d’Amédée Landormy-Truelle, joints à ceux de nouvelles recrues, pour l’en sortir.

En 1886, elle fut reconstituée et en 1891, après la très éphémère présidence du Docteur Bancel (les « Anciens Elèves » décidèrent que son nom ne serait pas gravé sur la plaque, mais qui, ayant été maire de Melun, a une rue portant son nom), Anatole FOIRET vint et le premier a su donner à l’Association une impulsion et réussit à la conduire vers ses hautes et brillantes destinées (400 adhérents, des banquets réunissant jusqu’à 60 convives sans que jamais l’élément féminin fut admis, non par misogynie, puisque les épouses et enfants étaient invités à la soirée artistique et au bal, mais parce que autour d’une table plantureuse on devait seulement se retrouver entre anciens pour se conter de vieux souvenirs, des bonnes histoires, les classes chahutées, se confier ses succès mais aussi ses échecs.

 Mais hélas, dans ce ciel serein, survint la première guerre mondiale. Des dizaines et des dizaines des nôtres, parmi lesquels beaucoup venaient à peine de quitter le collège et devant qui s’ouvraient les chemins de la vie, sont tombés. Leurs noms remplissent le monument que l’Association a élevé pour honorer leur sacrifice et que chaque année nous fleurissons. En cette année centenaire de la 1ère guerre mondiale nous aurons donc une pensée particulière pour les Anciens Elèves morts dans cette terrible tragédie et dont les noms seront lus par 4 collégiens.

Anatole FOIRET resta à la tête de l’Association jusqu’à sa mort en 1922 A cet homme de science (sorti l’un des premiers de sa promotion de l’Ecole Centrale, entré comme dessinateur au réseau du PLM, mais intéressé par la découverte du gaz d’éclairage puis par celle de l’électricité, il finit sa carrière entre autre comme vice-président du conseil d’administration de la jeune société Thomson-Houston). Un militaire lui succéda, le Général de Division GASCOIN, sorti du collège en 1883, qui présida l’Association jusqu’en 1932.
Après la période douloureuse de la deuxième guerre mondiale où d’autres camarades sont partis affronter les combats, la liste des morts est longue et leurs noms ont été gravés sur l’étroit espace libre de la pierre, son successeur André MOREAU entreprit de redonner vie à l’Association dès 1948 et d’assurer sa pérennité.
Puis Fernand HOUDET, avocat au barreau de Paris et qui, dans ses discours, nous narrait sa vie au collège durant la 1ère guerre mondiale et en particulier la journée mémorable du 11 novembre 1918, et Yvette LAURENT-DRUMEZ, ma mère, présidèrent l’Association.
Sous leur présidence et à leur initiative, un timbre poste commémorant Jacques Amyot fut édité en 1963 et pour le centenaire du lycée en 1985, un premier colloque international « Fortunes de Jacques Amyot » eut lieu.

Ces dernières années, trois expositions de peintures, sculptures réalisées par des Anciens Elèves ont été organisées à l’Espace Saint Jean.
L’année dernière, année du 500ème anniversaire de la naissance de Jacques Amyot à Melun, sous l’égide de l’Association,  un colloque international « Jacques Amyot, une voix savante du XVIème siècle » ainsi qu’un déjeuner Renaissance, une pièce de théâtre retraçant la vie de Jacques Amyot, un concert de musique du XVIè  ont célébré cet événement.
L’association remet, lors des remises de diplômes aux bacheliers un prix aux mentions TB.
Chaque journée commémorant les « Anciens Elèves » morts pour la France se termine par un déjeuner entre « Anciens » comme en 1864 suivi d’une conférence.

Année après année, l’Association continue ses actions et compte sur les « Jeunes Anciens » pour pérenniser l’existence de cette désormais « vieille dame ».


Association Amicale des Anciens Elèves des Collège et Lycée Jacques Amyot - Melun